Le samedi 22 décembre 2016 au Grand Palais, pour la quatrième année consécutive, la FIAC organisait, en collaboration avec COAL (coalition pour l’art et le développement durable), un cycle de trois tables rondes qui proposait un dialogue entre un artiste, un scientifique et un théoricien, cette année sur le thème : « Le temps de l’art, le temps du monde ».
Tandis que la frénésie de notre temps ultra connecté, ultra productif et ultra consumériste nous entraine de nouveauté en nouveauté, dans une temporalité subjective de l’instantané, de l’urgence et de la vitesse ; la réalité quant à elle, ne peut être accélérée.
Les saisons restent des saisons, les années des années, le temps du monde est permanent et nous décrochons de celui-ci dans une diachronie dangereuse. Ainsi par exemple, le jour du dépassement, une date de l’année où, théoriquement, les ressources renouvelables produites par la planète pour une année entière ont été consommées, est intervenue en 2015 dès le 13 août, et a lieu plus tôt d’année en année depuis des décennies, faisant vivre l’humanité à crédit.
Comme en opposition à notre frénésie, et en dépit de la saisonnalité de la scène artistique contemporaine, l’art reste un espace qui échappe au temps. Avec la vocation de proposer et de concevoir une expérience universelle en droit, l’art nous aide à échapper à la temporalité humaine. Il est destiné à construire et rejoindre un patrimoine, et ainsi échapper au temps.
Pourtant, l’art reste le témoin de son époque, et la nôtre est celle de l’accélération jusqu’au collapsus. Alors comment les artistes contemporains concilient le temps du monde avec le temps de l’époque et celui de l’art ?
Ces conversations en français et en anglais, sont animées par Loïc Fel de COAL.