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Crédit image : © The Harvesters, Pieter Bruegel the Elder (1565). The Metropolitan Museum of Art, Rogers Fund, 1919.
le Collegium Helveticum accueillera une conférence publique de l’anthropologue Tim Ingold intitulée The Return to Nature and Culture. Organisé par Hanna Barbara Hölling dans le cadre de son Senior Fellowship (2025–2026), cet événement propose un temps de réflexion et de discussion autour d’une question centrale de notre époque : comment repenser la place de l’humanité dans un monde traversé par des crises écologiques et sociales majeures ?
Dans cette conférence, Tim Ingold plaide pour un humanisme renouvelé, orienté non plus vers l’idéologie du progrès, mais vers l’épanouissement du vivant. Il revient sur la doctrine dominante qui, depuis les Lumières européennes, a façonné la pensée occidentale en affirmant que la vocation de l’humanité réside dans la maîtrise et la domination du reste de la création. Si cette vision a permis d’importantes avancées scientifiques et techniques, elle a aussi contribué à des formes accrues d’injustice sociale et de dégradation environnementale. Trois siècles de « progrès » n’ont pas conduit à un monde plus juste ou plus habitable, mais nous placent aujourd’hui face à un vertige écologique et moral.
Selon Tim Ingold, le tournant décisif de l’humanisme des Lumières a été de rompre avec les manières ancestrales d’habiter le monde, fondées sur la coexistence et l’attention portée aux autres formes de vie. En se détournant de ces relations « créaturelles », l’humanité s’est progressivement pensée comme extérieure à la nature, voire supérieure à elle. Cette conférence propose d’« annuler » ce tournant, en reconsidérant les fondements mêmes de notre rapport au monde.
À rebours de certaines critiques posthumanistes qui appellent à abandonner les notions de nature, de culture ou même d’humanité, Tim Ingold invite à les restaurer dans leur sens prémoderne. La nature est ici comprise comme une puissance générative, diffuse dans l’ensemble du cosmos, capable de faire advenir de nouvelles formes de vie. La culture, quant à elle, renvoie au travail de la nurture : l’ensemble des gestes, des pratiques et des responsabilités par lesquels les humains créent les conditions favorables à l’épanouissement du vivant.
Le langage occupe une place centrale dans cette réflexion. Pour Ingold, la capacité humaine à nommer, raconter et transmettre confère une responsabilité singulière : non pas un droit de domination, mais une obligation de soin envers le monde vivant. Reconnaître cette responsabilité, plutôt que chercher à la nier ou à la diluer, est indispensable pour apprendre à l’exercer avec justesse.
La conférence sera suivie d’un temps d’échange ouvert avec le public, puis d’un moment convivial autour d’un café. Ouvert à toutes et tous, gratuit et sans inscription, l’événement s’inscrit dans la mission du Collegium Helveticum de favoriser des dialogues interdisciplinaires entre anthropologie, philosophie, écologie, arts et sciences.
Professeur émérite d’anthropologie sociale à l’Université d’Aberdeen, Tim Ingold est l’une des figures majeures de la pensée contemporaine sur les relations entre humains, environnements et pratiques. Auteur d’ouvrages de référence tels que The Perception of the Environment, Being Alive, Making ou encore The Life of Lines, il poursuit une réflexion profondément transversale, à la croisée de l’anthropologie, de l’archéologie, de l’art et de l’architecture. Sa conférence au Collegium Helveticum offre une occasion précieuse de dialoguer avec une pensée qui invite à repenser, en profondeur, nos manières d’habiter la Terre.
Informations :
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